[Cinéma] Le Café Ciné – Février 2018

Voici déjà le deuxième bilan cinéma de 2018 avec un mois de Février marquant l’arrivée des premiers blockbusters hollywoodien de l’année. Le dernier volet de la saga Le Labyrinthe et le très attendu Black Panther étaient ainsi présents pour nous donner nos premières doses d’explosion dans les salles obscures. Un programme chargé qui ne m’a cependant pas empêché de craquer pour la poésie d’un The Shape of Water ou de chillé sur le canapé devant Mute, la nouveauté Netflix du mois. Une belle avancée pour mon challenge de voir au minimum une nouveauté au cinéma ou sur Netflix par semaine, portant le total de l’opération à 9 longs métrages avec les cinq films du Café Ciné de janvier !


Le Labyrinthe : Le Remède Mortel

Un film de Wes Ball

Le Labyrinthe : le remède mortel : Photo Dylan O'Brien, Giancarlo Esposito, Rosa Salazar

Thomas et les Blocards s’engagent dans une ultime mission, plus dangereuse que jamais. Afin de sauver leurs amis, ils devront pénétrer dans la légendaire et sinueuse Dernière Ville contrôlée par la terrible organisation WICKED. Une cité qui pourrait s’avérer être le plus redoutable des labyrinthes. Seuls les Blocards qui parviendront à en sortir vivants auront une chance d’obtenir les réponses tant recherchées depuis leur réveil au cœur du Labyrinthe.

Seule série young-adult encore debout après le chant du cygne de Hunger Games et la violente, mais mérité euthanasie de Divergente, le dernier volet de la saga Le Labyrinthe n’en pouvait plus de se faire attendre. Une série qui, contrairement à ses petits camarades, a eu le mérite de faire évoluer son récit à travers différents genres cinématographiques. Après le huis-clos labyrinthique du premier volet et le survival mortifère du deuxième, place maintenant au film catastrophe qui explose autant de bâtiments qu’un Vin Diesel véhiculé. Après une scène d’introduction plutôt efficace dans le genre, on retrouve avec plaisir la petite bande des Blocards sur nos écrans que ce soit pour le meilleur comme pour le pire. Le meilleur, il le tire dans la relation entre ses personnages et la belle leçon d’amitié qui en découle, malgré quelques têtes pas assez exploités à mon gout (avoir moins de Brenda pour favoriser la nunuche de Teresa….). Le pire, c’est son côté too-much qu’on retrouve avec des beaux feux d’artifices dans le final pour la forme, mais pas vraiment raccord avec le fond du récit. Le remède mortel reste une conclusion correcte pour une série qui a réussi à rester solide jusqu’au bout de sa proposition, ce qui est déjà un tour de force en soi avec son côté touche-à-tout. Ma préférence restera pour le deuxième volet cependant, qui était plus accrocheur et maîtrisé dans l’exposition de son univers.

6/10


Black Panther

Un film de Ryan Coogler

Black Panther : Photo Chadwick Boseman

Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…

Vendu comme le premier film avec un super-héro noir, le film faisait déjà office d’intouchable bien avant sa sortie pour son côté social. Mérite-t-il cependant tous les louanges que l’on peut lire sur lui ? Car si Black Panther tire effectivement son épingle du jeu par la représentation de la culture du Wakanda qui est visuellement attrayante et dépaysante, quelques lignes de dialogues thématiques ne font pas de Black Panther un film social et il reste avant tout un film de super-héro dans la droite lignée des autres productions du Marvel Cinematic Universe. Un moule qui lui colle à la peau, mais dans lequel on trouve quand même quelques petites victoires à souligner. Comme un casting majoritaire juste dans sa proposition et plaisant à voir, ainsi qu’un bad-guy plutôt bien traité dans l’ensemble. Un point important qui donne indéniablement des points à Black Panther, car à l’exception du très bon Vautour dans Spiderman Homecoming l’année dernière, les méchants sont habituellement les dernières roues du MCU. Les problèmes du film viennent alors de cette proportion à « trop faire ». Certains scènes agressent dangereusement l’œil par des fonds verts pas foufou, alors que la réalisation de Ryan Coogler est solide. Ou encore les scènes concernant la politique de ce pays fictif qui ne sont pas assez approfondis pour réellement apporter de la profondeur au récit, mais casse tout de même le rythme du film. Au final, Black Panther est un Marvel solide, mais qui n’a rien de vraiment surprenant dans son approche et dont on oublierait probablement l’existence au film suivant si il n’était pas devenu un événement culturel.

7/10


Mute

Un film de Duncan Jones

Mute : Photo Alexander Skarsgård

Dans un proche avenir, Leo est barman dans un Berlin en pleine ébullition. A cause d’un accident survenu dans son enfance, Leo perd l’usage de la parole et ne vit plus que pour sa séduisante petite-amie Naadirah. Quand elle disparaît sans laisser de trace, Leo se met à sa recherche et se retrouve dans les bas-fonds de la ville. Deux espiègles chirurgiens américains constituent les seuls indices qui le poussent à affronter ce milieu infernal afin de retrouver son amour.

Après avoir fait un tour à Azeroth pour les besoins de Warcraft, Duncan Jones revient à ses premiers amours avec la science-fiction et Netflix en tant que partenaire particulier. Malheureusement, Mute est un terrible échec caché sous une nouvelle variation d’un futur à la Blade Runner. Projet de longue date du réalisateur, Mute est un film d’auteur qui n’a rien à dire et qui nous perd dans les méandres d’un scénario qui aurait gagné à couper un bon nombre d’embranchement scénaristique et de personnage inutile. Pourquoi prendre Berlin en toile de fond si rien ne différencie ce choix d’une quelconque ville américaine avec sa population entièrement anglophone ? Une bonne idée malheureusement sous exploité, comme de nombreuses autres à travers le film. Que dire également de la quête du personnage principal, perdu entre des somnifères et une boite de Xanax en étant trop longue et peu inspiré. Mais que reste-t-il à Mute au final ? De bonnes intentions diluées au milieu de nombreux échecs et un duo d’antagoniste composé de Paul Rudd et Justin Theroux, bien plus intéressants et développés que le personnage principal. De quoi faire largement regretter que le reste du film ne suive pas le même exemple.

3/10


The Shape of Water

Un film de Guillermo Del Toro

La Forme de l'eau - The Shape of Water : Photo Sally Hawkins

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

Sans être un grand partisan de la filmographie de Guillermo Del Toro, son dernier bébé avait su dès les premiers visuels me mettre l’eau à la bouche. Mais si j’étais resté insensible à son Labyrinthe de Pan, The Shape of Water m’a complètement vidé, dans le bon sens du terme. Je suis sorti de la salle submergé émotionnellement et qu’avec des bons sentiments à son encontre. Le tout me poursuivant même plusieurs jours après sa vision. Conte navigant entre réel et fantastique, aux accents de thriller et de comédie romantique, The Shape of Water est un bel exercice de style pour le réalisateur. Un univers cohérent qui permet une plongée thématique sur la peur de la différence dans les années 60 dépeintes par le film, mais malheureusement toujours d’actualité de nos jours. Le visuel est sublime, le message subtile et l’émotion palpable. Seule ombre au tableau pour quelques raccourcis scénaristiques pas vraiment subtils afin faire avancer l’histoire, mais rapidement balayé par le plaisir que procure la vision de l’ensemble. The Shape of Water je l’aime déjà d’amour et j’ai déjà hâte de le revoir.

9/10

Coup de cœur du mois


Et vous ? Qu’êtes-vous allé voir au cinéma ce mois-ci ?


 

 

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2 Replies to “[Cinéma] Le Café Ciné – Février 2018”

  1. Tellement dommage pour Mute ! Le style visuel et la très belle réussite que constituait le Moon du même Duncan Jones pouvait présager un film d’une grande qualité… Mais les retours parlent surtout d’une coquille vide.
    En tout cas, un beau mois de février, je confirme ! On a vu à peu près les mêmes films, je rajoute le Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, une très belle réussite qui confirme les grandes qualités de ce réalisateur. Les Oscars ne lui ont cependant accordé que peu de crédit, mais ce n’est pas le plus important.

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  2. Pas vraiment d’accord pour Black Panther, sur l’aspect sociétal. Si le film a probablement été survendu et qu’il n’a, dans son scénario, pas vraiment d’impact social, il n’en reste pas moins une oeuvre importante pour toute une frange de la population. La culture comics est assez importante aux US (en tout cas bien plus qu’ici) et il est commun pour les gamins d’avoir leur héros. Moi, et malgré des origines diverses, je ressemble à un blanc le plus lambda du monde et mon héros ça a toujours été Spider-Man. Ce héros qu’on aime retrouver partout, (à qui on va pardonner les pires jeux vidéo du monde), qu’on lis sans jamais se lasser et qu’on va voir au cinéma avec plaisir. Alors j’ai jamais été concerné, parce que si ce n’était pas Spider-Man j’aurais trouvé des dizaines de héros qui sont eux aussi sur toutes les affiches depuis des décennies.
    Et c’est important pour un gamin, et aujourd’hui ces gamins qui n’ont jamais été représenté sur grand écran ont enfin le leur : Black Panther. C’est en ce sens que l’impact sociétal du film est fort, et c’était pareil pour Wonder Woman.

    Après le souci c’est que le film lui reste un Marvel assez classique. Mais je pense qu’il restera tout de même en mémoire car, au-delà de tout ce qui l’entoure, c’est aussi un des quelques Marvel qui sont réalisés par des gens avec de bonnes idées et pas seulement des « yes man » qui font ce que le studio exige.

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